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Notations dominicales

Combien oseront aujourd'hui fouler au pied le parvis des droits de l'Homme, place du Trocadéro à Paris ?

Soutenir un candidat est une chose, défier la Justice avec une volonté quasi séditieuse en est une autre... mais pire encore, combien parmi ces manifestants ne sont jamais venus là et ne se déplaceraient aucunement pour défendre la cause des droits de l'Homme lorsqu'ils sont effectivement et réellement bafoués ?

Ainsi leur présence n'est-elle pas seulement pathétique, elle est par cette liberté de manifester (incontestable) pour défendre l'indéfendable, une véritable insulte à ce lieu... situé il est vrai en plein seizième arrondissement... quartier où Monsieur Fillon recrute grand nombre de ses adeptes... 

Pendant ce temps, le Front National se pavane tel un coq inconscient et virulent, une grosse ficelle accrochée à son ergot tirant des casseroles qui contredisent son discours. Ses militants se rengorgent tandis que ses chefs menacent déjà celles et ceux qui pourraient s'opposer à eux. 
Faudra-t-il comme au temps de Mussolini que les fonctionnaires prennent la carte du parti ? 

A côté de cela, dans chaque parti institutionnel, la cohérence et la cohésion semblent bien difficiles à établir. Hamon peine à convaincre son propre camp. D'aucuns en sont déjà à tenter de sauver leur intérêt particulier...

Quel scénariste aurait osé écrire cette histoire d'une démocratie qui semble se saborder elle même ? 

Partout le soupçon, la défiance et dès que l'on tente d'y croire un nouveau scandale arrive... 

Terrifiant spectacle lorsque l'on découvre que ceux qui hurlent sont soudainement bien cléments et trouvent mille excuses lorsque c'est "leur candidat" , "leur camp", "leur clan"...

Mais quel aveuglement ! Car si les français s'intéressent plus ou moins à la politique, ils n'y croient plus beaucoup et l'abstention risque d'être plus forte encore demain...

Terrible déception lorsque l'on comprend ailleurs que l'opportunisme ne fait rien d'autre que de proposer un catalogue de pâles idées là où il faudrait entreprendre une vaste démarche de réconciliation des citoyens avec eux-mêmes...

La sixième république est une urgence. Mais elle est fort mal défendue par des "insoumis" que nous trouvons bien enfermés dans un militantisme désuet et inutilement agressif au service d'un ego qui reste par trop animé par le ressentiment. 

Nous voudrions pouvoir apaiser les uns et les autres (pas à la façon brutale de l'extrême droite !) , reprendre la main, créer les conditions d'une autre façon de se parler en France qui permette à la devise républicaine de se vivre dans le réel. 

Mais aujourd'hui, inviter à être raisonnable c'est comme chuchoter dans la Fanfare, vouloir être nuancé, faire partager l'idée que les choses sont complexes c'est s'opposer face au simplisme du binaire qui voudrait qu'il y ait d'un côté les bons et de l'autre les méchants...

Ainsi, nombre de citoyens sont déçus, inquiets, indécis. 
L'avenir est sombre. 

Quel président sera élu ? 
Quelle majorité pourra-t-il constituer pour gouverner ? 
Quel sera l'impact d'un troisième tour social qui pourrait se jouer dans la rue, voire pire encore d'un quatrième tour terroriste qui pourrait nous plonger dans l'horreur à tout moment ? 

Il fut une époque où de paroisse en paroisse, on réunissait des assemblées où s'écrivaient des cahiers de doléances. 
Les espoirs des Etats généraux en 89 n'empêchèrent pas les excès de la Révolution. 

En relisant le règlement d'élaboration de ces cahiers de doléances voulu par Louis XVI, on y retrouvera des éléments qui font écho peut-être à ce que nous vivons...

Règlement fait par le roi pour l’exécution des lettres de convocation du 21 janvier 1789.

Le roi, en adressant aux diverse provinces soumises à son obéissance des lettres de convocation pour les États généraux, a voulu que ses sujets fussent tous appelés à concourir aux élections des députés qui doivent former cette grande et solennelle assemblée ; Sa Majesté à désiré que des extrémités de son royaume et des habitations les moins connues, chacun fût assuré de faire parvenir jusqu’à elle ses vœux et ses réclamations ; Sa Majesté ne peut souvent atteindre que par son amour à cette partie de ses peuples que l’étendue de son royaume et l’appareil du trône semblent éloigner d’elle, et qui, hors de la portée de ses regards, se fie néanmoins à la protection de sa justice et aux soins prévoyants de sa bonté. Sa Majesté a donc reconnu, avec une véritable satisfaction, qu’au moyen des assemblées graduelles ordonnées dans toute la France pour la représentation du tiers-état, elle aurait ainsi une sorte de communication avec tous les habitants du son royaume, et qu’elle se rapprocherait de leurs besoins et de leurs vœux d’une manière plus sûre et plus immédiate.(...)

Sa Majesté a pris toutes les précautions que son esprit de sagesse lui a inspirées, afin de prévenir les difficultés, et de fixer toutes les incertitudes ; elle attend, des différents officiers chargés de l’exécution de ses volontés, qu’ils veilleront assidûment au maintien si désirable de l’ordre et de l’harmonie ; elle attend surtout que la voix de la conscience sera seule écoutée dans le choix des députés aux États généraux. Sa Majesté exhorte les électeurs à se rappeler que les hommes d’un esprit sage méritent la préférence, et que par un heureux accord de la morale et de la politique, il est rare que dans les affaires publiques et nationales les plus honnêtes gens ne soient aussi les plus habiles. (...)

Sa Majesté est persuadée que la confiance due à une assemblée représentative de la nation entière empêchera qu’on ne donne aux députés aucune instruction propre à arrêter ou à troubler le cours des délibérations. Elle espère que tous ses sujets auront sans cesse devant les yeux, et comme présent à leurs sentiments, le bien inappréciable que les États généraux peuvent opérer, et qu’une si haute considération les détournera de se livrer prématurément à un esprit de défiance qui rend si facilement injusteet qui empêcherait de faire servir à la gloire et à la prospérité de l’État la plus grande de toutes les forces, l’union des intérêts et des volontés.

...
Le Roi s'évitait ici d'évoquer le fait que la recherche de l'intérêt général ne pouvait se comprendre que par l'équité des efforts à consentir par chacun pour le bien commun et que cela ne pouvait se construire sur son nom propre mais nécessitait l'affirmation de valeurs fortes, celles que la devise républicaine tentera d'incarner plus tard. 

La crise est devant nous. Il faudra bien en sortir. Le problème est "à quel prix" ? 
Qui aurait le courage de convoquer des états généraux ? 

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