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C comme ....

Candidat 
A soixante jours de l'élection présidentielle, le paysage semble n'être pas encore totalement clarifié.
Chacun relèvera un certain nombre de paradoxes, de contradictions qui traduisent une forme de désarroi dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui.

Des candidats et bien peu de candidates...
Où sont les femmes dans cette histoire ? 
Quand elles n'ont pas été évincées, elles semblent être restées prudemment en retrait. 
Charlotte Marchandise, Michèle Alliot-Marie, Nathalie Artaud, Rama Yade... n'ont que très peu de chance d'être élues. 
La candidature de Marion Anne Perrine Le Pen plus connue sous le prénom de Marine mis en avant pour tenter d'effacer son patronyme s'inscrit dans une logique particulière. Il est frappant de noter à quel point la candidate tente d'adoucir son image, de paraître plus féminine, veut prétendre à l'apaisement... prétentions vite contrecarrées par la posture adoptée lorsqu'elle échange avec la Presse ou ses contradicteurs...
Quel dommage donc qu'aucun grand mouvement ne se soit trouvé le courage de choisir une candidate. 
On se souvient du sort qui fut réservé en son temps à Ségolène Royal par ses pairs...
Le machisme des grands appareils politiques reste une réalité... mais "Les insoumis" par exemple ne semblent pas plus en capacité de mettre les femmes en avant...

D'étranges "non-candidatures" :
Le président de la République sortant ne se représentera pas. Cela a été vécu comme une reculade par beaucoup. Pourtant des "deuxièmes mandats" n'ont guère été marqués par la réussite quand les candidats parvenaient à se faire réélire. 
Le principe du mandat unique est porté par des voix diverses. Il ne serait pas idiot... mais c'est peut-être le rythme du quinquennat qui ne serait pas le bon... ou la problématique d'un régime présidentiel à la française qui reste fondé sur le modèle d'un "roi républicain" et se montre peu adapté aux aspirations démocratiques actuelles...
On note les candidatures rejetées comme celles de Sarkozy ou de Juppé mais encore de Valls qui soulignent une aspiration à changer d'acteurs...
La "non-candidature" de Bayrou, véritable souci pour F. Fillon témoigne tout de même d'un sens du sacrifice même si elle vient tardivement...
On notera à gauche l'incapacité de se retrouver autour d'une candidature unique alors que sur le principe des idées un certain nombre de conditions étaient réunies... C'est probablement là une forme d'autolyse d'une gauche sociale qui en réalité n'a été que très peu aux affaires... 

Des candidatures trop personnelles :
On parle beaucoup de ces candidatures personnelles. 
Des candidats viennent avec "leur ego" et tentent ensuite de fédérer autour d'eux, de construire ou d'enrichir un programme. 
Aucun n'est apparu réellement porté par un mouvement populaire (l'idée d'un candidat naturel) ou même par un projet clair de Société.
Le Front National dont le projet est fondé sur le rejet de certains ou la désignation de coupables tente de gommer sa véritable nature, il puise pour cela et pour plaire au plus grand nombre, des éléments de programmes qui s'opposent souvent entre eux et surtout à l'article premier de la Constitution qui dit : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. "

Constitution 
Plus que les valeurs qu'elle porte c'est l'équilibre entre les prérogatives du Président, du gouvernement, du parlement mais aussi des territoires et des citoyens qui doit être questionné. 
Chacun perçoit la nécessité que les choses évoluent mais on s'en tient souvent à un énoncé de principes sans vision d'ensemble... 
La moralisation de la vie politique est nécessaire mais aussi l'implication de toutes et tous pour passer d'une société de Consommateurs à une société de Citoyens

Citoyen 
Car le citoyen, qui a quelque peu oublié l'Histoire, consomme du politique et "veut essayer" l'un ou l'autre quitte à le rejeter le lendemain. On attend un bénéfice immédiat, on oublie qu'il faut du temps et que toute transformation suppose un engagement négocié et partagé. 

Confiance 
Si le citoyen n'a plus confiance dans le politique - lequel a souvent largement contribué à cela -, un regard notamment sur le travail des élus locaux, montre que le sens du service public est encore présent dans nombre de collectivités territoriales. Il faut contrôler, éviter les dérives mais localement de belles initiatives existent... nombre de maires (de plus en plus souvent des femmes) exercent un travail formidable qui contribue au lien social. Mais leur tâche est rendue difficile par un Etat où la norme, la réglementation envahissent tout...
Au demeurant, tous les politiques ne sont pas des "pourris" mais la défiance s'est emparée de la Société toute entière. 
On ne peut noter qu'avec effroi qu'une Société où les pompiers qui viennent porter secours peuvent se trouver agressés violemment est en grave souffrance...

Un projet pour l'avenir consisterait non pas tant à définir des mesures, un programme (lequel serait mis à mal ensuite dans sa mise en oeuvre ) que dans l'élaboration d'une démarche partagée où le citoyen aurait le sentiment de pouvoir être entendu et serait associé à la recherche constructive de réponses... 
Cela supposerait de savoir renouer avec le temps, d'accepter de renouer non pas avec les compromissions mais l'idée de respect et de dialogue. 

Un Contrat 
Le candidat à l'élection présidentielle devrait savoir animer l'élaboration d'un nouveau contrat social.
Chacun se souviendra de Rousseau. Mais alors que nous parlons d'individualisme et de liberté, il faut certainement savoir interroger de nouveau les principes de "liberté naturelle" et de "liberté civile", interroger la question de la compétition source d'inégalités pour réfléchir aux possibilités de coopération. 
Il faut nous méfier de la tyrannie de la défiance.
Si la colère s'entend, elle doit pouvoir être dépassée pour construire ensemble ensuite.

Crier au scandale est souvent confortable si l'on ne s'engage pas ensuite et si l'on n'admet pas qu'il faudra coexister pacifiquement.

Complexité 
Entre celles et ceux qui voudront plus de pouvoir économique, ceux qui en toute légitimité voudront préserver des acquis sociaux ou d'autres qui tenteront juste de survivre, l'idéal républicain doit permettre aussi à chacun de s'émanciper et se libérer des déterminismes.
Cela suppose d'accepter de partager le pouvoir...
Cela suppose d'accepter aussi l'idée qu'il n'y a pas de réponse binaire...

Crise
Du désordre actuel ou de l'élection à venir, chacun pressent que "la crise" ou "les crises" ne sont pas achevées.
Nous sommes encore au vingtième siècle.
La mue n'est pas terminée et elle pourrait être douloureuse si la raison et le dialogue se trouvaient niés par la violence, l'exclusion, le rejet...

Les étiquettes et les certitudes d'hier ne suffisent plus, surtout si l'on n'en revient pas à la définition des valeurs et de ce que nous voulons partager ensemble...

Clivages
Si la Société d'aujourd'hui est profondément clivée, si aucun candidat ne saurait prétendre représenter à lui seul un mouvement de pensée majoritaire dans le pays, cette difficulté est peut-être aussi notre chance.
Nous serons tôt ou tard contraints d'apprendre à nous reparler...


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